Un club prestigieux

Le FUS a soufflé ses 57 bougies au mois d’avril dernier. Le Fath Union Sport compte parmi les plus célèbres et les plus anciennes associations sportives nationales, si l’on considère que ce club est le digne héritier de l’Union Sportive de Rabat-Salé créée en 1932.
Cette association peut se prévaloir d’avoir été le premier club nationaliste, bien avant le Wydad de Casablanca et le Najah Sport de Fès. Cela est d’ailleurs corroboré par feu le père Jégo Belahcen dans un témoignage au journal Maroc Football au début de l’Indépendance.
Ce club dirigé alors par de grands nationalistes fut dissout en 1944 par les autorités françaises de l’époque et son limogeage joua un rôle important dans le manifeste de l’indépendance rbatis, le Moghreb Sportif de Rabat (MSR) créé en 1945 et dirigé par MM. Mouline et Belgnaoui et le Fath Union Sport (FUS) emmené par MM. Lyazidi, Bakhay, Sittel, Bahnini et Mhamdi.
Une période de gestation laborieuse
Mais cela ne s’est fait qu’après une période de gestation laborieuse, ponctuée par d’interminables pourparlers entre les autorités françaises de l’époque et une poignée de nationalistes sur le nouveau statut du club. Celui-ci allait voir le jour le 10 avril 1946, date anniversaire retenue par les dirigeants car il correspond au jour où le dossier du club fut déposé auprès des instances administratives. Ce fut une naissance longtemps décriée par les autorités du protectorat qui refusaient d’intégrer l’équipe dans la Ligue Nationale Française de football, suspectant le club d’être un terreau du nationalisme. Ce n’est qu’à for de persévérance et de ténacité quelques patriotes sous la houle de feu S.M. le Roi Mohammed V en direction de l’administration protectorat que le club reçut enfin feu vert et put ainsi s’émanciper la tutelle du Club Sportif de Rabat Salé, avant de laisser place à la création de deux nouveaux clubs pour prendre en main sa propre destinée. Et c’est le regretté Souverain qui fit taire les polémiques autour la nouvelle appellation du club en baptisant Fath Riadi, en lui apport un soutien financier symbolique et nommant, malgré son jeune âge S.A.R. le Prince Moulay Abdellah Président d’honneur du club
Le Fath, école de nationalisme et de patriotisme
Naturellement, pour se faire une id du football marocain sous protectorat, il faut se replacer da le contexte de l’époque. En effet. les championnats de foot étaient à l’époque scindés en trois configurations. Le vendredi tenaient les compétitions de la Ligue libre qui ne comprenait que des Marocains, le samedi était dévolu aux matchs corporatifs et le dimanche était réservé au championnat de la ligue française de de football où évoluaient côte à côte marocains et français. Cette dernière était assortie d'une clause stipulant que devait impérativement incorporer deux Français dans sa formation.
A l’époque, la capitale comptait deux clubs rivaux qui représentaient deux tendances distinctes pour ne pas dire antagonistes. D’un côté, il y a avait le Moghreb Sportif de Rabat (MSR) qui regroupait les intellectuels pacifistes, de l’autre le Fath à dominance nationaliste au même titre que le Wydad à Casablanca.













